Coin des poètes 5.11.16 La folie

Chers amis de la poésie, des lettres et des arts... 

Je vous rappelle nos prochains rendez-vous à  la Briqueterie - 6 avenue de Domont à  Montmorency :
  • - samedi 5 novembre 15h  : soyons fous, nous composerons autour du thème de LA FOLIE ! C'est fou, non ? Qui est fou, qui ne l'est pas ? La folie, les arts et les artistes ?   .. La folie comme art de vivre ? La folie nous aide-t-elle à supporter la vie dans ce monde qui perd la raison ? A vos imaginaires, amis artistes ! 
  • _ samedi 3 décembre, même lieu, 14h30 : thème libre pour cause d'Assemblée Générale. Vous recevrez une convocation en bonne et due forme. 
 
Portez-vous bien, et portez fort l'amour des arts et du partage.
 
Amicalement 

Hélène 

samedi 5 novembre 2016

Vous êtes tous conviés au Coin des poètes

Thème proposé :

LA FOLIE

"Les sages ont plus à apprendre des fols que les fols des sages" (Montaigne)

Jheronimus bosch nef des fous

Jheronimus Bosch, La Nef des fous

 

Unis la fraîcheur et le feu
Unis tes lèvres et tes yeux
De ta folie attends sagesse
Fais image de femme et d'homme.

(Paul Eluard, Unis la fraîcheur et le feu)

...

Sil trouvait en moi cette joie
qui devient éternelle en son esprit, -
et qu'il la prît, l'élevât dans ses mains,
il me faudrait dire alors : la joie est folie

(Rilke, Poèmes à la nuit)

 

Qui fait qu'un pas

S'immisce
En vos terres

Et renaisse allégé ?

-

Qui fait qu'un feu
Coïncide à l'éclair

Invertisse
Et l'amour
Et la mort ?

-

Que chacun
Des gestes –
Des vôtres

Me fonde ?

Qui fait
Qu'en poète, j'essaime


Semence
En vos pas -


Et que mes pas mendient
Mille écarts


Et plus
De folie ?


(Emeric de Monteynard, Ecoper la lumière, L’Arbre à paroles, 2015)*
 

Auprès d’un torrent Ophélie
Cueillait, tout en suivant le bord,
Dans sa douce et tendre folie,
Des pervenches, des boutons d’or,
Des iris aux couleurs d’opale,
Et de ces fleurs d’un rose pâle
Qu’on appelle des doigts de mort.

(Hector Berlioz, La mort d’Ophélie, texte d’Ernest Legouvé
d'après Hamlet de Shakespeare)

Opheliedelacroix

Delacroix, La mort d'Ophélie

 

[... ] tu verses des pleurs funestes et tu évoques ta folie et tu voudrais même l'extraire comme une pierre quelconque, elle, ton seul privilège. Sur un mur blanc, tu dessines les allégories du repos, et c'est toujours une reine folle qui gît sous la lune dans l'herbe triste du vieux jardin.  Mais ne parle pas des jardins, ne parle pas de la lune, ne parle pas de la rose, ne parle pas  de la mer. Parle de ce que tu sais. Parle de ce qui vibre dans ta moelle et met lumières et ombres dans ton regard, parle de la douleur sans fin de tes os, parle du vertige, parle de ta respiration, de ta désolation, de ta trahison. Il est si obscur, si chargé de silence, le processus auquel je me contrains. Oh ! parle du silence." (Alejandra Pizarnik, Extraction de la pierre de folie, dans Oeuvre poétique, Actes Sud, 2005)

 

Polonius
" Je serai bref. Votre noble fils est fou.
" Fou ", dis-je, car à bien définir la folie,
Qu’est-elle sinon d’être rien d’autre que fou ?
Mais passons. "
(Shakespeare, Hamlet)

 

Egon schiele autoportrait 1912 237x300

Egon Schiele, Autoportrait 1912

 

Pour aller plus loin :

Sophie de Sivry & Philippe Meyer, L'art & la folie, Paris, Editions du Sextant bleu, collection Les Empêcheurs de tourner en rond, 1998.


 

Voir l'album photos du coin des poètes de novembre 2016


*Poème reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteur. Avec tous nos remerciements.

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maj 7.11.16

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