La jalousie

La jalousie se construit  
comme la pelote de laine
du pull que l’on détricote
pour en recompter les mailles.

Le fil d’abord s’entortille,
hésite à s’embobiner,
divague, tangue dans l’incertitude,
puis, pareil à l’angoisse, il s’agglutine.  

La bobine prend de l’embonpoint,
le fil se pelotonne,
il s’enlace, s’emprisonne ;
c’est son propre piège qu’il construit.

La pelote est bientôt compacte,
devenue sourde et aveugle,
sait-elle que le pull n’est plus là,
pareil à l’amour que la jalousie dévore ?

Philippe Deniard

 

 

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