Sous terre et loin du ciel

Sous terre et loin du ciel, les travailleurs de l’ombre,
Le dos toujours courbé dans l’éternel enfer,
Ne savent de saison que celle de l’hiver ;
Là-haut sur le carreau, le soleil est si sombre.

Chaque jour, chaque nuit, on les sait en grand nombre,
Dans les puits de charbon, dans les mines de fer ;
Ils portent sur le front, pareils à Lucifer,
Une pâle lueur qu’avale la pénombre.

La silice envahit la fibre pulmonaire,
Et la grignote ainsi qu’un ver au sein du fruit.
Certains trouvent cela tout à fait ordinaire

Qui vivent bien au chaud sans le moindre remords.
Ils ne pensent jamais aux destins qu’on détruit,
Aux familles brisées qui pleureront leurs morts.

Yves-Fred Boisset.

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