Une juste colère


(en hommage-souvenir aux combattants de 14/18)

À tous ceux qui sont morts avant d’avoir vécu,
À ceux-ci qui croyaient en des jours de victoire
À celui-là qui fut victime expiatoire
Après qu’on lui eut dit qu’il serait invaincu,

À ces jeunes soldats qui se traînaient au pas
Et qui avaient laissé loin derrière eux leur âme,
Leurs secrets, leurs chagrins, le parfum d’une femme,
Juste avant de vomir leurs ultimes repas.

Une méchante soupe et un plus mauvais vin
Les escortaient alors vers les plus hautes crêtes
Où n’allait pas tarder à fondre sur leurs têtes
Un orage d’obus qui meurt dans le ravin.

Mensonges et clairons s’époumonaient en chœur  
Sans aucun sentiment ni la moindre finesse
Pour jeter aux enfers une pauvre jeunesse.
De ce temps, nous gardons l’éternelle rancœur.

Alors que j’ai atteint mon âge solitaire
À ceux-là je fais don de ma juste colère.

Yves-Fred Boisset.

            

 

 

 

 

 

 

 

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