Le lièvre et la tortue

 

Ça sert à rien d'cavaler...
quand faut y aller, faut y aller !

"Chiche que j't'en mets plein la vue, mon lapin"
que balance la tortue à son petit copain.
"J'te parie toute une botte de carottes
que j's'rai avant toi au bout du champ
avant même que t'aies pris le temps
de bouger ton "panier à crottes" !
Y manque de s'étouffer, c'te cloche...
"Non mais, t'es givrée la tortoche...
Tu s'rais pas sitôt caltée,
que j's'rai à l'arrivée...
Et en plein cagnat, mais t'es cinglée ?
Pas vrai, j'suis en train d'berlurer.
J'f'rais sûrement mieux d'aller m'pieuter" !
"Mais non, tu berlures pas, mon copain,
tape-moi dans la patte... et pis tu verras bien".
Sur ce, le lièvre tellement crevé...
dans un coinstot va s'affaler.
Pendant c'temps, la tortue se met les bouts,
avec son p'tit braquet de rien du tout.
Gentiment, elle tricote des gambettes,
et elle en met un vieux coup, la minette.

Quand il ouvre les quinquets, le lapinos
s'aperçoit qu'il va l'avoir dans l'os.
Même si c'est lui l'plus fort,
Fallait qu'il les bouge plus tôt, ses cannes à r'ssorts.
Et il y va, tant que ça peut...
Oui, mais trop tard, c'est déjà elle la preu.

Alors, mon gibelot, qu'elle lui dit, tu récupères ?
Comment qu'tu t'es fait avoir, mon p'tit père !
T'as beau faire des chronos,
si tu t'débines pas assez tôt...
Ben, tu l'auras toujours dans l'dos !
... et encore, t'as eu du pot
t'étais à poil, pour faire le cross,
Gaffe un peu, mézigo,
j'ai ma cabane sur les endosses !

René Battais,
poème aimablement communiqué par l'auteur.

mis en ligne l e 6.03.11

 

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