« Chronique de mes vacances littéraires… » par Aymeric de L'Hermuzière

 

Chronique de mes vacances littéraires 

par Aymeric de L'Hermuzière

La montagne et la mer. Les français sont restés en France, nous dit-on. J'ai respecté à la lettre cette tendance générale. L'opportunité de redécouvrir notre magnifique pays, sa diversité géographique, ses terroirs et la richesse de sa culture. J'ai eu la chance de pouvoir le faire aussi bien à la montagne qu'à la mer et la campagne n'était jamais bien loin.

Je reviens sur ses vacances. L'occasion d'un petit bilan pour démarrer la rentrée du bon pied. On n’oublie rien des lectures, de la production poétique et des rencontres effectuées pendant l'été, on se les remémore bien, on les partage enfin avec ceux qui composeront notre année à venir. C'est un tour d'horizon rapide, sous l'angle de l'écrit, que je vous propose, un va-et-vient mer et montagne.

Premier mouvement

Cela commence par un grandiose tour du Mont-Blanc sans la famille. Cap aux Alpes donc, avec un camarade aventureux. Mise en commun de deux envies purement sportives pour un projet hors du commun ! Il s'agissait de suivre aussi vite qu'on le pouvait, si possible au courant, le parcours de la fameuse course de trail intitulée l'UTMB (Ultra Trail du Mont Blanc). Nous effectuâmes la boucle en quatre jours et quatre nuits (moins de 100 heures) sans vraiment parvenir à courir mais avec la tente sur le dos ! Pari sportif réussi donc à la faveur d'une météo exceptionnelle qui nous gratifia d’une visibilité fantastique sur la chaîne du Mont-Blanc que nous pûmes contempler sous toutes ses coutures…

J'ai été fort estomaqué quand j'ai vu, passé 19 heures le premier soir de notre randonnée, après sept heures de marche non-stop et une nuit dans le train, Gil, mon compagnon de marche, sortir un petit carnet de notes. Or je n'avais rien emmené avec moi, pas même le plus petit bout de papier, question de poids sur les épaules (nos sacs pesaient tout de même 7 à 8 kg).
Le lendemain Gil s’arrêta en extase devant un panorama grandiose et s’exclama : « ça ressemble à la Patagonie ». Je ne pouvais qu'adhérer à cette évidence.

À partir de ce moment et pendant toute cette semaine de vacances qui s'acheva par une grande fête familiale je n'ai plus cessé de composer de la poésie. Et cela ne consiste pas qu'à tenir un stylo entre les doigts, croyez-moi !

Deuxième mouvement

On peut en réaliser des choses dans un train surtout lorsqu'il traverse le pays de part en part et qu'il accumule les retards !

De Chamonix (Haute-Savoie) à Montaigu (Vendée) en passant par Lyon et Tours (au hasard) je n'ai pas énormément profité du paysage trop excité que j'étais à l'idée de ce trésor tout juste acquis à mettre en forme.

 

Pendant la marche des poèmes ont mûri en moi. Toujours sans crayon, ou trop fatigué après des 14 heures de marche pour l'employer (et bien peu de solide à me mettre sous la dent), je les ai ruminés comme j'ai pu. La marche se prête bien cette gymnastique. Les échanges passionnés avec Gil, quand nous avions encore de l'énergie à perdre pour parler, nourrissaient mes poèmes-pensées…

 

Quand nous fûmes enfin arrivés et que nous avons légitimement pu affirmer que le défi était relevé je suis reparti pour un dernier tête-à-tête avec le mont Blanc juste après en avoir fait le tour. Une journée d'infidélité à Gil que j'avais troqué remplacé par un stylo. Ça a donné une très longue marche, une très belle journée, et une flopée de poèmes, enfin mûrs, que j'ai assemblé dans le train du lendemain en un tout petit recueil très justement baptisé l’UTMB et 1/2. Il sort ces jours-ci. Il fait le parallèle avec le Népal et le Tibet d’une précédente prose. C’est le recueil de la nostalgie du retour qui s’exprime enfin, un an après, le Tour du Mont (2) !

 


Troisième mouvement

Pour le 14 juillet nous sommes retournés en Vendée, sur la côte, du côté des Sables d'Olonne. Il ne s'agissait que d'un week-end prolongé pour profiter de la mer et de notre fille qui y prend ses quartiers. Ce cours séjour fut bonifié par la rencontre avec Roland Mornet, une figure du quartier de La Chaume qui jouxte Les Sables de l'autre côté de l'estuaire. Roland nous a reçus, ma belle-famille et moi, et nous a tout de suite émerveillés avec ses histoires extraordinaires tirées de sa vie aventureuse de marin, qu'il relate dans ses livres. Autre point commun, Roland fut marathonien. J'emplois volontairement le passé pour lui comme pour moi car mon dernier marathon remonte à plus de six ans et ce n'est pas l'été gastronomique surtout, et littéraire un peu, comme je vais vous le raconter, qui va contribuer à changer la situation. Quant à Roland, l'affaire est plus grave encore parce qu'il a définitivement arrêté la course À pied (contrairement à son épouse qui la pratique encore sur les pistes cyclables nombreuses et pratiques qui sinuent le long du littoral autour de La Chaume). Il se consacre maintenant presque exclusivement à l'écriture et à son œuvre qui est riche de nombreux livres.

 

Je n'ai pas encore lu un Mornet mais je peux vous garantir qu'il est un fameux compteur et j'ai rêvé tout l'été de ces célèbres bateaux naufragés dont Roland se fait une spécialité de raconter l'épopée, avec un parti pris d'historien.

                                            

Quatrième mouvement

Les vacances commencent réellement fin juillet. Nous partons pour trois semaines loin de la région parisienne. Nous prenons une nouvelle fois la route pour la Vendée pour récupérer Sarah mais nous nous arrêtons en chemin chez Nicolas Vanier. L’écrivain-voyageur dont j’ai lu La grande course cette année n'est pas chez lui mais je joue tout de même au tennis avec son dernier fils et monte dans la magnifique cabane qu’il a construit avec son aîné, en peine Sologne, au milieu des branches, 15 m au-dessus d'un étang.

 

Je ne sais à quelle occasion une rencontre m'a confondu, durant l'été, avec Nicolas, de bonne foi. La méprise m'a mis de bonne humeur… !

Cinquième mouvement

Rebelote la montagne. Nous ne sommes pas restés longtemps en Sologne et n'avons fait que passer en Vendée. Les vacances commencent vraiment en Auvergne où nous avons réservé une chambre d'hôte pour la semaine, un endroit formidable que je vous recommande :

La Boudio
15300 Lavigerie

http://www.gite-laboudio.fr/

Nous sommes l'équipe de Tourdumondista à nouveau réunis sur les chemins, partie à l'assaut des volcans. Pas vraiment de comparaison entre le Puy Mary (1783 m) et le Cerro Toco (5600 m - Chili), mais nous nous acclimatons facilement ici comme ailleurs. Nous marchons à longueur de journée et mangeons à longueur de soirée. Le fromage est excellent (Cantal, Bleu de Laqueuille) et la truffade fameuse, ainsi que toutes les viandes. Est-ce parce que les monts cantalous sont moins hauts que les monts alpins ? Les poèmes que j'ai écrits sont moins ambitieux, à l'image de ce petit-là que je vous livre en exclusivité et qui rejoindra tantôt le tronc commun, pot-pourri de mes poèmes, mais ils sont tous presque écrit au sommet :

À défaut de poèmes
Un petit pissou
Sur un mont cantalou

Sixième et dernier mouvement

On a fini l’été tout en douceur au bord de l'eau, à nouveau en Vendée après un passage dans l'Aubrac (pensée pour Michel et Nathalie que nous aurions pu croiser à quelques jours d'intervalle).

Pour finir ce tour de France (mer–montagne), je veux citer deux librairies qui nous tiennent à cœur. D'abord celle de Murat (Cantal), « Aux belles pages », tenue par l’irlandais Daniel Kierman. Elle a fait le bonheur de Sarah qui y a commencé son cycle fantasy Les royaumes de feu et elle m'a enfin permis de découvrir Christian Bobin par l’entremise de son somptueux Noireclaire dans la collection NRF. Mon coup de cœur de l'été !!!

 

 

La seconde librairie se nomme « la parenthèse ». J’y suis référencé depuis le 15 août. Elle m'a ouvert au petit monde des écrivains des Sables et de La Chaume et m’a donné l’opportunité de réaliser quelques ventes de mes livres directement sur la plage (on dit « le remblai », aux Sables), à l'occasion d'une séance de dédicaces en plein soleil. J'ai ainsi pu discuter avec la veuve de l'écrivain chaumois Jean Huguet qui m'a remis un ouvrage numérotée de feu son mari que je réserve, avec un plaisir est une délectation anticipés, à mes prochaines vacances vendéennes. Ainsi je vous en ferai le récit dans un prochain billet de vacances. Il s'intitule Une journée dans la vie de Paul Émile Pajot et évoque une autre personnalité de la région, le célèbre peintre.



Lecture de l'été :

Cet instant-là – Douglas Kennedy – in Lectures autour du monde
Invitation – Claude Simon – in Les Prix Nobel & Lectures autour du monde
Les enfants des justes - Audiolivre
Tangente vers l’est – Maylis de Kerangal – in Lectures autour du monde
Chambre avec vue – R. Frier
Étranges rivages - Arnaldur Indridason – Audiolivre
Le monde de Sophie – J. Garrder – recommandé par Gil
Piège nuptial – Douglas Kennedy – in Lectures autour du monde
Au revoir là-haut – Pierre Lemaître – Prix Goncourt 2015

 


A vous de raconter vos vacances littéraires, artistiques ou vos voyages en poésie sous forme de chronique,
de carnet de voyage ou comme il vous plaira...
et de nous en faire part
si vous le souhaitez...

Merci et à bientôt.


création de cette page : 6.9.16 - maj 6.9.2016

 

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