Richard Long : [marche dans le Hoggar]

Dans Le plateau de l'albatros,  : introduction à la géopoétique, Kenneth White cite un géopoème de Richard Long : "Chez Long, qui avait commencé par simplement noter le type de sol rencontré au cours de la marche : "Route, prairie, sable, boue", cela peut prendre la forme d'une incantation, "Parole, vent, pierre", ou bien d'une méditation soutenue, par exemple lors de la cette marche de soixante minutes dans le Hoggar, où chaque minute a son mot, son concept, son phénomène :

Os blanc
vue
rocher
oui
penser
brûlé
mouches
bottes
horizon
rugissement
rougeâtre
détendu
fourmi
gravillons
cône
symétrie
fientes
traces de pas
clignement d'yeux
bruit de pas
ombre
vertèbres
craquelures
piste
coups de sabot
sable
noir
papillotement
bourdonnement
plume d'oiseau
papillon
respirer
trébucher
rythme
entrechoc
vrombissement
étincelant
craquement
gratter
ondulations
halètement
crête
bouche sèche
croûte
silhouette
doux
fleur blanche
midi
rocher chaud
vent latéral
alignement
os éparpillés
toile d'araignée
épervier
poussiéreux
sans nuage
lézard
empreintes de chèvres
soupir
scintillement

«... de toute façon, qu'il soit question de littérature ou de sculpture, avant tout il s'agit d'approfondissement et d'expansion, il s'agit d'expérimenter, pas à pas, passage après passage, la sensation de la vie sur terre, d'exprimer une conception du monde, et d'indiquer le rapport le plus dense, le plus subtil possible, entre l'esprit humain et le chaosmos.
C'est tout cela qui est en jeu dans l'art plastique géopoétique.»

Extrait de : Kenneth White,
Le plateau de l'albatros,  :
introduction à la géopoétique,
Grasset, 1994, p. 119-121,

 

Pour aller plus loin : article "L’homme qui marche... Richard Long", par Valérie de Saint-Do dans la revue Cassandre/horschamp, art et itinérance,  oct; 2001 : http://www.horschamp.org/spip.php?article92

 

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