Aube enfant de la nuit

Mon vaisseau est à l’encre et la nuit bleu marine
Infiltre mon esprit où les mots se diluent
Dans des gouffres sans fin, voluptueux naufrage
Où le baiser troublant des froides solitudes
Enivre ma raison et réveille en mon âme
La folle sarabande de rêves insensés
Et je romps les amarres, dérive vent debout,
Je me guide aux étoiles, et surfe sur l’écume
D’un nuage oublié des averses passées,
Puise au sang de la lune, lorsqu’elle est ronde et rousse,
L’ancre de mes douleurs, le feu de mes passions
Dont le brasier s’avive jusqu’à ce que mon âme
Trouve au sein de la lune, devenue pâle et douce,
Une sève de lait où je plonge ma plume,
Et j’accouche de mots pour écrire un poème
Qui sera né de moi et qui vivra de vous
Et quand accostera tout au bout de la nuit
L’enfant de ma mémoire, mon enfant de papier,
Que la nuit bleu marine à l’orient palissant
Déposera les armes, mon âme dégrisée
Rendra grâce à la nuit qui a enfanté l’aube.

Hélène Buscail,
extrait de Les fruits de l’aurore 
publié ici avec l'autorisation de l'auteur que nous remercions.

Source  

 

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