La perte

La perte

La perte d’un enfant, c’est l’entrée dans un monde
Dont la porte est ouverte, dont on ne revient pas
Un corridor obscur donnant sur une rotonde
Eclairée par la lune où l’on parle tout bas.
Un voyage solitaire dans un pays étrange
Qui concentre les peurs, la remise d’un visa
Pour une nouvelle vie, un nouveau taux de change
Les valeurs du passé n’ont  plus cours ici-bas
Une  langue inconnue au-delà de la ligne
Que l’on a dû franchir, poussé par le destin
Un dur apprentissage pour déchiffrer les signes
Envoyés par le cœur pour vous reprendre en mains.

La perte d’un enfant, c’est la compréhension
De mots si souvent dits qu’on ne ressentait pas
Avant d’être plongé dans ce bain d’émotions
Où l’on doit se débattre de peur que l’on se noie
C’est le secret qu’on cache au plus profond de l’être
Pour ne pas effrayer les passants insouciants
La source des poèmes qui m’ont fait renaître
Et que je lèguerai comme ultime testament.
Oserai-je les dire sur les scènes ouvertes ?
Les paroles de tristesse pourraient glacer le sang
Aux parents endeuillés, mes rimes sont offertes
Mes amis en malheur pour la perte d’un enfant.

Brigitte Beaudin

Poème aimablement communiqué
par l’auteur pour le site de l’OBP
Avec tous nos remerciements.

Mis en ligne le 16.12.12

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