Petit clown

 J’ai tant aimé vos rires ponctuant les grimaces
Du clown qui se voulait pour vous plaire, cocasse.
J’en rajoutais toujours, vos rires me comblaient
Je me sentais « artiste » pour vous me surpassais.
Grande sœur se souvient de ces moments divins
Où dans le lit le soir : Gesticulant pantin,
J’imitais les salades du tonton du pallier
Sortant de terre oh hisse !! Si dures à croquer.

Je devenais concierge zozotant : « Ouais ch’est bon »
Quand devant la lucarne je déclinais mon nom,
Chanteuse ou musicienne affûteuse de couteaux
Où enfant leur jetant un sou dans les journaux.
J’étais le père Counisse, tout nu, bouteille en main
Beuglant sur le balcon, du soir jusqu’au matin.
Ou le père Dubois tremblant postillonnant,
Le pauvre homme n’ayant plus que quelques jaunes dents.

J’imitais : dame Miette fripée sentant le rance
Affublée d’un torchon me voutais à outrance,
Ou Raymond toujours saoul tempêtant dans le froid
Hurlant et bégayant… Jeanne… Jeanne… Ouvre-moi…
Le brave Monsieur Christ jamais ne l’imitais
Quand dans les escaliers son maigre corps tanguait.
Notre père nous avait chuchoté : « Parkinson »,
Effacez vous quand vous croiserez ce pauvre homme

Je me mettais souvent en représentation
Me devais d’exceller pour ma réputation.
Cheveux ébouriffés, grimaçant dans un bond
Fondais sur mon public perdant souffle et raison...
Le soir me surpassais en plongeant sur ma sœur,
Ses rires étouffés excitant mon ardeur.
Je devais cependant calmer mon euphorie
La voix de petit père s’élevant :… Il suffit…

Il me fallait alors baisser un peu le ton
Et très vite cesser mes élucubrations.
Doucement je glissais de sous les draps rugueux
Ravie de mes exploits puis, d’un air malicieux,
Chantais pour le final mais doucement… Sans bruit,
Grimaçant petit singe affalée sur son lit :
« Voilà l’histoire finie du petit rat Ti Ti  »
            Hi hi… hi hi hi hi… Chutttt… hi… hi hi hi… hi…

                                                              Lecteur : Le petit clown vieillissant vous salue,
                                                            Vous remercie…  « tontaine… tonton »… de l’avoir lu.                           

Evelyne DUTHEIL- LALLEMENT (MAI 2011)

 

 


 

                                                                     

 

 

 

 

 

 

 

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