Témoignage sur la poésie

 Car il faut bien en parler,

 

La poésie, cet art que les médias voudraient séparer des autres et qui pourtant les contient tous, cette culture ignorée des éditeurs comme des critiques parce que pas assez rentable, et par voie de conséquence délaissée de ses lecteurs, effectue parcimonieusement son retour par l’effet de quelque pulsion pour ne pas dire pulsation cardio-rythmique saisonnière nommée « Printemps des Poètes », sorte d’aumône destinée à donner bonne conscience aux responsables politiques d’une époque mouvementée.

Loin le temps où un film osait mettre en scène Philippe Noiret dans le personnage  du « Facteur », traitant ainsi de l’exil de Pablo Neruda… Oublié son immense succès et plus encore l’audace d’un parfumeur donnant à sa marque réputée le nom de « Poême », dont il ose souligner la fragrance d’un accent circonflexe ainsi que battement d’aile d’hirondelle recouvrant l’espérance du retour à ses nidations…

Pourtant quelques résistants, d’ailleurs pas seulement poètes, continuent d’œuvrer à la maintenir au-delà de quinze journées par an, en dépit du mépris général.

A ceux-là, au combat qu’ils mènent dans l’indifférence de la plupart de leurs contemporains, nous disons merci de bien vouloir garder « ce fer au feu » le temps que l’humanité se remette de ses continues, épuisantes, hautes déflagrations.

 

                  Jeannine Dion-Guérin


 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×