Ta visite

 

Je marche en rêve dans les brumes
le froid me point au plus serré.
Moi qui croyais
avant de vivre ton départ
l'écrin scellé de tes yeux sombres
tout avoir su de la tendresse
voilà que coule dans son lait
rompant d'un coup toutes les digues
des mots en larmes pour la dire
mots en miroir en tourbillons
d'amour navré décolorant
recolorant chaque cliché
sans trouver la juste nuance.
 - Toute parcelle de la vie
en suspension dans son courant
qu'en orpailleur le chagrin filtre
est pépite la mort venue -
Ma reine morte ma gisante
recueilli sur ton front de marbre
mon coeur né du tien a si froid.
Mon coeur de lierre
en fins lacis de coronaires
reprend le rythme interrompu
de ton battement pétrifié.
Tronc de glycine à refleurir
de nos pensées entrelacées.

Ô ta visite dans mon rêve.

Maria Labeille, extrait de : De la colline extrême,
Paris, Collection du Club des Poètes, 2013, p. 59.

(Reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteur)

 

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