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De vert et d'ocre

Les arbres se dénudent
La terre se durcit
Le lierre se fait rude
Et le ciel s’obscurcit.

Les chemins de feuilles se tapissent
Les étangs ternissent leurs miroirs
Les champs de blé moissonnés roussissent
Les bouleaux ont le deuil en sautoir.

Et pourtant…

Et pourtant tu es là
Et mon ciel est d’azur
Mon soleil éclatant
Riante la nature
C’est pour moi le printemps.

Les façades du vieux Paris
Battent leurs flancs de leurs volets
Comme ferait l’homme transi
Par un vent d’hiver aigrelet.

Contre la berge et sous les ponts
La Seine est lourde à s’écouler
Et sous le poids de la saison
Elle roule le dos voûté.

Et pourtant…

Et pourtant tu es là
Et mon ciel est d’azur
Mon soleil éclatant
Riante la nature
C’est pour moi le printemps.

Le Vert-galant n’est qu’un désert
D’où les derniers moineaux s’enfuient
Seuls les bancs vides restent verts
Pour les amoureux de la nuit.

Mais les amours du mois de Mai
Ont épuisé leur dernier feu
La bise souffle sur les quais
Sans faire gonfler nul cheveu.

Et pourtant…

Et pourtant tu es là
Et mon ciel est d’azur
Mon soleil éclatant
Riante la nature
C’est pour moi le printemps.

Et pourtant…
Et pourtant…

Jacquot
Poème publié dans L’Ouvre Boîte à Poèmes,
n° 88, hiver 2011, p. 13-14.


Mise en ligne : 17.11.19

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