Double vie

Je vais parfois sur les chemins de ma mémoire
En trébuchant parmi des pans de souvenirs,
Et, d'un fouillis confus de ronce à griffe noire,
Brusquement, je vois une fleur pâle surgir.

Avec son coloris fané, comme elle est douce
A mon coeur : c'est un jour qui revit, très léger,
Très lointain. Sur un petit mur verdi de mousse,
Je m'assois, la main sur un vieux bras familier...

Mes chers parents, je vous appelle, mais votre voix
Devient plus affaiblie. Et je garde avec moi
Seul, désormais, une moitié de votre vie.

Je veux vous écouter parler de notre amour,
Des joies et des chagrins vécus jour après jour
Il est trop tard, et le souvenir s'obscurcit.

 

Robert MICHEL
Extrait de  : Florilège de poésies (Bulletin d'Espalion 1991-2005), p. 22.
Reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteur.
Avec tous nos remerciements.
 


Mise en ligne de cette page : 15.09.2016 par Nathalie Cousin

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