Sur les mâts écorchés

Sur les mâts écorchés
Qui s'élèvent dans les fanges
Comme des lignes éméchées
Sur la brume d'une page
          j'écorçais ton nom

A faire couler la sève
Sur ce tronc décharné
Héros wagnérien qui s'élève
Des vaisseaux échoués
       j'écorchais ton nom

Enlisé dans ces bois
Agrippé aux voiles fatales
Des lueurs matinales
Qui recouvraient ma voix
       j'ai cherché ton nom

Alors,
Au milieu des êtres enaubés d'argent
Au milieu des maîtres anoblis du sang
Des passions qui font tout commettre
      qui font tout admettre

Je t'ai vu enfin en ces lieux apparaître
       et j'ai corsé ton nom
            du signe de l'infini.

Frédéric Billiet, Le seigneur du continent bleu,
La Pensée universelle, "Poètes du temps présent", 1990 , p. 46-47.

Reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteur
avec tous nos remerciements
.


Page mise en ligne le 18.09.16 par Nathalie Cousin

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