Porter le sable

Porter le sable au nez de la banquise
pour lui faire apparaître la chaleur
et cette glace au ventre des déserts
pour lui montrer l’oasis

Ternir de déchets ces immensités
pour continuer encore un certain temps
à vivoter sous un soleil morbide
qu’a déjà condamné notre soif

Mais la banquise fondante agonise
et le sable se fait noir aux ciels sans nuage

Mirages incertains et rages certaines
l’ours blanc rejoindra le fennec
au musée des lumières perdues

Et le Touareg bleu regardant vers l’Inuit
verra comment sombre un monde
où l’homme se croyait éternel

Christian Amstatt, extrait de Coeur de brume,
France Libris, 2015, p. 62

Reproduit avec l'autorisation de l'auteur,
avec tous nos remerciements


Mise en ligne de cette page : 23.7.16

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