À Lilita

Thomas muriel lilita2 redim

Lilita

A ma tendre Aube dévouée à l'Eternité depuis le 4 mars 2016.


[...] que ce soit la nuit, que ce soit le jour, dans la pleine lumière ou dans l'ombre opaque, au fond de ses yeux adorables je vois toujours l'heure distinctement, toujours la même, une heure vaste, solennelle, grande comme l'espace, sans divisions de minutes ni de secondes, — une heure immobile qui n'est pas marquée sur les horloges, et cependant légère comme un soupir, rapide comme un coup d'œil.
Et si quelque importun venait me déranger pendant que mon regard repose sur ce délicieux cadran, si quelque Génie malhonnête et intolérant, quelque Démon du contre-temps venait me dire : « Que regardes-tu là avec tant de soin ? Que cherches-tu dans les yeux de cet être ? Y vois-tu l'heure, mortel prodigue et fainéant ? » je répondrais sans hésiter : « Oui, je vois l'heure ; il est l'Éternité ! » [...]

Charles-baudelaire, "L'horloge", Le Spleen de Paris, XVI, Oeuvres complètes I, Paris, Gallimard, Bibiothèque de la Pléiade, p. 299-300.

(Photo communiquée par Muriel Thomas
21 mars 2016)

 

 

 

 

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