L’objet

C’est une arme plantée par un dieu licencieux
Au centre du giron de l’espèce animale.
Sa présence essentielle enorgueillit le mâle
Quand, devant sa femelle, il se montre audacieux.

Cet outil fabuleux est d’allures changeantes
Selon les intentions de celui qui le tient.
Il sait être discret dans le creux de la main
Si son porteur n’a plus de commande pressante.

Mais lorsqu’une cliente exige sans délai
Une lame affûtée pour traiter une urgence,
Il se dresse, viril, érige sa puissance

Puis, se replie, content, après quelques bienfaits.
Je le garde avec moi dans mon sac à malice.
Plus fidèle qu’un chien, voici mon couteau suisse.
 

Jacquot
Poème publié dans L’Ouvre Boîte à Poèmes,
n°101, mai 2015, p. 10.


Mise en ligne : 17.11.19

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