L’accordéoniste

Le fardeau quotidien s’allège,
La fracture temporelle s’estompe,
Sous l’ensorcellement des doigts accordéonistes.
Miraculeusement, nous sommes transportés
Par l’ivresse d’un tourbillon,
Où défilent mille images emportées par le vent
Qui se déposent sur la couleur des saisons,
Sur les pages froissées de la vie,
Sur le zinc d’un bistrot de Paris
Ou dans la lumière d’une place d’Italie.
Les chromes et les boutons nacrés de l’accordéon
Lancent des gerbes d’éclats,
En distillant les amours passion
Et celles de la déraison.
Les pavés luisants de la nuit
Résonnent du pas des femmes,
Contiennent leurs sillages parfumés.
Tourner, tourner, tourner…
Jusqu’à l’embrasement de la chaleur d’un baiser,
La douceur d’une caresse, l’émotion d’un enlacement.
L’héritage musical ouvre ses gammes sur le monde,
S’accroche au revers de la mémoire
Comme un signe d’espoir.
Mais déjà, la dernière note retombe
Sur la mouvance d’un corps et d’une âme
En état de questionnement !  

Michel Bénard.
Poème aimablement communiqué par l'auteur, 2 mai 2011.
Avec tous nos remerciements.

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